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Confucianisme

 

Si le Taoïsme condamne violement la culture et la vie en société, le Confucianisme s’est lui attaché à établir des principes qui régissent aujourd’hui encore les relations sociales dans le monde chinois.


           Confucius est né en 551 avant J-C dans la province chinoise de Lu. D’abord précepteur puis conseiller à la cour de son prince, il est écarté de son poste. Il entame alors un périple de 14 ans, errant de province en province, à la recherche d’un souverain disposé à l’écouter. Il finira par rentrer définitivement a Lu pour se consacrer à l’enseignement et à la compilation de textes anciens jusqu’à sa mort en 479 avant J-C.

 

           À l’époque, la dynastie impériale des Zhou n’était plus en mesure d’assumer le rôle unificateur et pacificateur qui était le sien. De fait, la Chine était divisée en royaumes indépendants et belliqueux et les luttes pour l’hégémonie rendaient la situation instable.

 

confucius


Confucius se proposait de restaurer l’ordre ancien afin de rétablir l’équilibre entre l’homme et le Ciel. Il estimait que la reforme de la collectivité passait par la rectitude morale de l’individu et l’harmonie au sein de la famille. Il expliquait ainsi que les hommes de l’Antiquité « qui voulaient organiser l’Etat réglaient leur cercle familial ; ceux qui voulaient régler leur cercle familial visaient d’abord à développer leur propre personnalité ; ceux qui voulaient développer leur propre personnalité rendaient d’abord leur cœur noble ; ceux qui voulaient ennoblir leur cœur rendaient d’abord leur pensée digne de foi ; ceux qui voulaient rendre leur pensée digne de foi perfectionnaient d’abord leur savoir. »


L’idéal de la morale confucéenne est donc la vertu, la noblesse spirituelle, qui permet à l’homme d’agir en accord avec l’ordre céleste. Cependant, contrairement au Taoïsme, le Confucianisme confère à la vie en société une place primordiale. L’accent est mis sur l’existence de cinq relations humaines fondamentales: entre seigneur et sujet, père et fils, frère ainé et frère cadet, mari et femme et enfin entre amis.


À l’exception de la dernière, cette approche des relations humaines repose sur l’existence d’obligations mutuelles entre le supérieur et l’inférieur. Cette vision des rapports sociaux est difficilement concevable pour les Occidentaux, qui aspirent, en principe au moins, à l’égalité pour tous. Il est nécessaire d’abandonner notre référentiel de valeur afin d’avoir une vision claire de cette pensée et de ses implications.

 

 

Il faut être conscient qu’ici les deux parties sont envisagées comme complémentaires et indissociables car elles ne pourraient exister l’une sans l’autre. L’Occident raisonne en termes d’être et l’Orient en termes de processus. Le statut de chacun est donc fluctuant car il dépend de la position de la personne avec qui il interagit. Il ne saurait être considéré de manière isolée et est toujours envisagé en tant qu’élément d’un tout plus vaste.


L’influence du Confucianisme sur la conduite de l’individu au sein de la société est particulièrement évidente au niveau linguistique. De sa naissance à l’entrée dans l’âge adulte un Viêtnamien utilise peu le mot « moi ». Sous l’influence de la tradition culturelle et l’éducation familiale, l’individu utilisera surtout un synonyme du vocable « moi » et désignera les autres en fonction de sa place au sein de la famille. Il utilise des termes comme petit frère, grand frère, père, grand mère, etc. Dans les rapports avec ses proches, il reçoit amour et affection. Mais en retour, il doit accepter la hiérarchie familiale et sociale.

 

 

L’utilisation de vocables relatifs aux relations de parenté dans les contacts quotidiens avec des personnes extérieures au cercle familial est très en faveur dans toute la société. Cela permet de rapprocher les hommes et de rendre les liens qui les unissent plus étroits. Cette particularité linguistique illustre le fait que la structure sociale soit identique à tous les échelons, depuis le niveau de la famille, du village, du clan jusqu’à celui de la nation. Ce qui importe pour l’individu c’est de bien connaître sa place et son rôle en fonction de ses rapports avec ses différents partenaires. Dans ce contexte où tout est lié à des rapports de parenté, le « moi » se trouve dilué et confiné dans les interactions sociales. Ainsi caché, il a alors tendance sinon à disparaître, tout du moins à constituer une entité beaucoup moins autonome qu’en Occident. Depuis sa naissance, l’individu évolue inconsciemment dans ce type de structure sociale, et exprime ainsi par son comportement son appartenance à un tout plus vaste.


Une pratique caractéristique de la culture sino-vietnamienne est le culte des ancêtres. Il existait bien avant l’époque de Confucius, mais celui-ci a insisté sur son importance fondamentale. Cette pratique repose sur la croyance que les défunts veillent sur leurs descendants si ces derniers les respectent et les honorent, en particulier à l’anniversaire de leur mort et lors de la fête du Têt, le nouvel an Vietnamien. Dans la plupart des maisons, on trouve un autel sur lequel sont disposées des tablettes ou sont inscrites le nom des défunts. C’est l’aîné de la famille qui est chargé de veiller sur l’autel. Il s’agit de l’expression rituelle de la piété filiale (Xiao en Chinois, Hieu en Vietnamien). Cette vertu essentielle implique le respect sans faille des parents mais peut s’appliquer de manière plus générale à toutes les interactions sociales où l’on se doit de respecter et de se soumettre à son supérieur.

 

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Il est intéressant de constater que pour la pensée chinoise la vision de la sagesse est liée à la recherche de l’harmonie, soit entre l’homme et l’univers, soit au sein de la société.

 

 

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